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Le parlement européen passe à Qwant

Le parlement européen passe à Qwant

Le Parlement européen a annoncé le 3 juin 2026 que Qwant, le moteur de recherche français, deviendrait le moteur par défaut sur ses ordinateurs à partir du lendemain. Fini Google, place à une alternative européenne.

Pourquoi c'est important ?

Le Parlement européen emploie des milliers de personnes : députés européens, assistants parlementaires, traducteurs, staff administratif... Tous ces gens cherchent des informations tous les jours. Avec Google comme moteur par défaut, chaque requête partait automatiquement vers les serveurs de Mountain View, qui collectaient les données de recherche pour algorithmer de publicité ciblée.

Avec Qwant, les recherches restent en Europe. Pas de tracking, pas de profil publicitaire, pas de vente de données. C'est une question de souveraineté numérique : l'UE ne peut pas prôner la protection des données personnelles tout en utilisant elle-même un outil qui les collecte massivement.

Le contexte : une décision qui mûrit depuis des mois

En novembre 2025, plusieurs députés européens (MEPs) ont fait pression pour réduire la dépendance du Parlement envers les géants tech américains. La question n'est pas nouvelle : l'UE a déjà mis Google en amendes record (4,34 milliards d'euros en 2018 pour abus de position dominante sur Android), et la Commission européenne utilise déjà des alternatives européennes dans certains de ses services.

Le Parlement français a adopté Qwant par défaut dès avril 2020 pour tous ses postes. Le CNES (Centre National d'Études Spatiales) l'utilise depuis 2019. La tendance est claire : les institutions européennes passent progressivement aux solutions locales.

Qwant, c'est quoi exactement ?

Qwant est un moteur de recherche créé en 2013 en France. Sa philosophie est simple : chercher sans être espionné. Contrairement à Google, Qwant ne stocke pas l'historique de vos recherches, ne crée pas de profil publicitaire, et ne vend pas vos données à des tiers.

En 2023, quand Microsoft a massivement augmenté les tarifs de l'API Bing (dont Qwant dépendait pour certains résultats), le moteur a réagi en créant avec Ecosia (un moteur de recherche allemand orienté environnement) une co-venture nommée European Search Perspective (EUSP). L'objectif : construire un index de recherche européen, réduire la dépendance envers Bing et Google, et offrir des résultats plus pertinents pour les langues européennes.

Ce n'est pas obligatoire

Il faut le préciser : cette décision rend Qwant le moteur par défaut sur les ordinateurs du Parlement. Les employés peuvent toujours changer leur moteur de recherche préféré dans les paramètres de leur navigateur. Ce n'est pas une interdiction de Google, c'est un choix de configuration.

C'est d'ailleurs une approche plus pragmatique qu'interdire complètement l'usage de Google. Ça permet aux gens de tester Qwant, de se familiariser avec, tout en gardant la liberté de revenir à ce qu'ils connaissent.

Les limites à garder en tête

Soyons honnêtes : Qwant n'est pas Google. La qualité des résultats peut varier selon les requêtes, surtout pour des sujets très spécifiques ou en dehors des langues principales (français, anglais, allemand). L'expérience utilisateur est différente, et pas forcément toujours au niveau de ce que proposent les mastodontes américains.

Mais c'est justement là tout l'enjeu : pour qu'un moteur de recherche européen puisse concurrencer Google, il faut qu'il soit utilisé. Chaque institution qui passe à Qwant, chaque utilisateur qui l'essaye, c'est un pas de plus vers un écosystème numérique plus diversifié.

Le vrai enjeu : la souveraineté numérique

Au-delà de Qwant, cette décision symbolise quelque chose de plus grand : la volonté de l'Europe de reprendre le contrôle de son infrastructure numérique. Dans un monde où les données sont le pétrole du 21e siècle, dépendre entièrement d'entreprises américaines pour ses outils de recherche, de messagerie ou de stockage, c'est accepter une forme de dépendance stratégique.

Le Parlement européen fait un premier pas. Il reste du chemin à faire, mais c'est un signal fort : l'Europe peut choisir ses propres outils, même pour quelque chose d'aussi banal qu'un moteur de recherche.

Et moi dans tout ça ?

Cette annonce du Parlement européen me donne clairement envie de tester Qwant à titre perso. Allez, on tente l'aventure.


Sources :